“Mithra fait des miracles” : pourquoi ce parallèle ne prouve rien
Ce point est révélateur de la méthode Zeitgeist. Dans sa liste de parallèles “Mithra/Jésus”, Peter Joseph avance l’idée suivante : Mithra fait des miracles, Jésus fait des miracles, donc Jésus aurait copié Mithra. Sur le papier, ça ressemble à un argument ; en réalité, ce n’est qu’une ressemblance très générale présentée comme si elle prouvait une dépendance.
Sachant que le mithraïsme romain (celui que vise Zeitgeist) se diffuse surtout après le Ier siècle, on pourrait déjà considérer l’accusation comme hors sujet. Mais examinons quand même : c’est un excellent exemple de “parallèle” construit par slogans plutôt que par sources.
Origine du propos
The Christ Conspiracy, page 87
Sans surprise, Peter Joseph reprend Acharya S. Or ici, on a précisément ce qui manque à une démonstration :
pas de référence classique (auteur antique, œuvre, passage), et pas de miracle spécifique
donné comme point de comparaison. On est face à une formule vague, pas à une preuve.
Pourquoi ce parallèle est vide
Même en imaginant (pour l’exercice) un “avant/après” favorable à l’accusation, l’argument “A fait des miracles, B fait des miracles, donc B copie A” ne tient pas : la conclusion ne découle pas des prémisses.
Pour établir une imitation, il faudrait au minimum :
- Un miracle précis (pas un mot générique) ;
- Une source pour Mithra (texte/inscription/relief correctement référencé) ;
- Un parallèle textuel ou narratif (structure, détails, vocabulaire, contexte) ;
- Un lien de dépendance : comment, quand, par quel canal, et pourquoi ce miracle-là plutôt qu’un autre ?
Or ici, on n’a ni source, ni exemple, ni chaîne de transmission : seulement un “ils font des miracles”.
Ce qu’il faudrait prouver… vs ce que Zeitgeist fait réellement
| Ce qu’une démonstration sérieuse exigerait | Ce que fait réellement Zeitgeist |
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Le problème général de la méthode Zeitgeist
Ce point s’inscrit dans un procédé plus large : on empile des motifs génériques, puis on laisse croire qu’ils prouvent une dépendance. La répétition du même motif appliqué successivement à plusieurs divinités montre le défaut : on cherche surtout à produire une impression de similarité, pas à établir une filiation historique.
Une imitation réelle fonctionne autrement : on identifie une source (ou un milieu), on montre une dépendance textuelle ou historique, et on explique pourquoi ce récit chrétien reprendrait ce récit-là plutôt qu’un autre. Ici, l’argument reste au niveau du slogan.
Et si on appliquait la même logique…
Le parallèle “miracles” n’a rien de distinctif. Dans les récits religieux et mythologiques, les prodiges sont fréquents ; et même dans la Bible, des prophètes et des serviteurs de Dieu accomplissent des signes sans être des dieux. Donc “faire des miracles” ne suffit pas à prouver une copie : c’est un thème largement répandu, qui peut servir à tout… et donc à rien.
Si l’argument de Peter Joseph était valable, il faudrait expliquer pourquoi Jésus ne serait pas plutôt une “copie” de tout personnage réputé pour des prodiges. En l’absence de miracle précis, d’une source et d’une chaîne de transmission, on peut fabriquer des dépendances imaginaires à l’infini.
Conclusion
Le parallèle “Mithra fait des miracles, donc Jésus copie Mithra” est un argument de surface : aucune source antique citée, aucun miracle concret identifié, aucun lien de dépendance démontré. Dire “ils font des miracles” n’établit pas une copie ; c’est une ressemblance vague, utilisée pour suggérer une filiation qui n’est pas prouvée. À ce niveau de raisonnement, on pourrait presque prétendre que n’importe quel héros légendaire “copie” n’importe quel autre dès qu’un récit contient un prodige.