La SDTJ et le régime nazi

Les Témoins de Jéhovah se vantent souvent en affirmant que, pendant des conflits, ils sont restés politiquement neutres, sans compromis, et que cela montre leur véracité. Ils relatent les témoignages de certains témoins de Jéhovah ou non, pour appuyer leurs dires. Ils aiment surtout parler de la période de persécution sous le régime hitlérien. En parlant de l'attitude héroïque de certains Témoins de Jéhovah de l'époque, ils tentent d'attirer l'attention et l'admiration du public. Nous admirons bien sûr le courage des Témoins de Jéhovah, comme celui de protestants, de catholiques, et de tous ceux qui ont résisté, pour différentes raisons, au régime satanique d'Hitler. La SDTJ donne l'impression, dans ses publications, que seuls les TDJ ont résisté et sont restés fermes face au nazisme, en tant que mouvement religieux. Est-ce la réalité ? Mais quelle était vraiment l'attitude de la SDTJ face au régime hitlérien ? A-t-elle vraiment gardé sa neutralité ? A-t-elle vraiment résisté sans faire de compromis avec Hitler ? La réponse de la SDTJ est évidemment positive. Mais lorsque nous examinons certaines données historiques, nous découvrons des réalités à leur désavantage.

Remarquons d'abord que l'Allemagne, après les États-Unis, est le deuxième pays en nombre de Témoins de Jéhovah. En 1933, aux États-Unis, il y en a 20 719 contre 19 268 en Allemagne. Alors pourquoi les Témoins de Jéhovah d'Allemagne sont-ils persécutés par le régime hitlérien ? La SDTJ répondra que c'est à cause de leur foi chrétienne. On peut accepter cette réponse, mais gardons une certaine réserve. En effet, d'autres facteurs politiques et religieux favorisent la persécution des Étudiants de la Bible à l'époque.

D'abord, mentionnons le message provocateur de la SDTJ envers les Églises et les États. En les accusant régulièrement, dans leurs publications, d'être d'origine diabolique et en refusant l'accomplissement du service militaire, comme le salut au drapeau, les Témoins de Jéhovah attirent sur eux la persécution. Surtout depuis l'établissement du Royaume de Dieu en 1914, il ne faut pas collaborer avec ces institutions religieuses et politiques qui sont condamnées par Dieu à disparaître.

Les Témoins de Jéhovah sont considérés par le régime hitlérien comme un mouvement qui soutient le communisme et le sionisme. Ils sont vus comme une secte juive soutenue par eux. Les anciens livres de Russell et Rutherford favorisent certainement cette conception du régime. Étant donné que les premiers ennemis sont les Juifs, tout ce qui a un rapprochement avec ce peuple est ciblé.

Un autre facteur politique de la SDTJ attire sûrement la colère du régime sur eux. Les Témoins de Jéhovah ont condamné ouvertement, dans leurs publications, le parti politique d'Adolf Hitler, même avant son ascension au pouvoir. La SDTJ déclare à ce propos :

Ces déclarations des Témoins de Jéhovah concernant le parti politique d'Adolf Hitler ne sont-elles pas déjà (même s'ils ont raison) une contradiction avec leur neutralité chrétienne ? N'est-ce pas faire de la politique ? Ces propos ne préparent-ils pas aussi le terrain pour la persécution des Témoins de Jéhovah allemands ? Lorsque Adolf Hitler prend le pouvoir, une période de persécution commence en Allemagne. Le dictateur interdit les groupes qui constituent une menace pour son parti, y compris les Témoins de Jéhovah.

Les Témoins de Jéhovah tentent de cacher une autre vérité bien troublante au sujet de leur attitude face au régime hitlérien : c'est qu'ils cherchent d'abord à trouver un compromis avec ce régime qu'ils qualifient de diabolique. Le 25 juin 1933, au lendemain de l'interdiction officielle de la SDTJ, 5 000 Témoins de Jéhovah allemands se réunissent à Berlin. Selon l'aveu d'un Témoin de Jéhovah allemand, Konrad Franke (celui-ci n'est pas un ex-Témoin de Jéhovah), les Étudiants de la Bible se rassemblent dans un grand bâtiment décoré de drapeaux nazis. Et, très étrangement, la réunion commence par un cantique chanté sur la mélodie de l'hymne national des nazis. Voici ce que disait Franke, ce témoin oculaire :

Et, à la fin de ce rassemblement, les Témoins de Jéhovah préparent une déclaration commune et l'envoient à Hitler. Voici le contenu de la lettre :

Dans cette déclaration, six points remettent sérieusement en question la neutralité de la SDTJ et prouvent en même temps que la SDTJ a d'abord tenté de faire un compromis avec le régime hitlérien avant de s'y opposer.

1) D'abord, accepter de se réunir dans un bâtiment décoré de drapeaux nazis et commencer la réunion avec une mélodie qui est également l'hymne nazi.

2) Dans la lettre à Hitler, la SDTJ essaie de convaincre qu'elle ne constitue pas une menace pour le gouvernement national-socialiste allemand. Pourtant, quelques années auparavant, elle l'avait qualifié de diabolique.

3) Que Rutherford, le président de la SDTJ, est un ami de l'Allemagne (germanophile). Par cela, la SDTJ veut assurer qu'elle est un mouvement pro-allemand.

4) Que les Témoins de Jéhovah aussi s'opposent, avec l'État allemand, à la propagande d'hommes d'affaires juifs et de catholiques contre l'Allemagne. On voit clairement l'approbation de la SDTJ au gouvernement d'Hitler dans sa politique antisémite.

5) Les Témoins de Jéhovah, après avoir assuré le gouvernement qu'ils ne sont pas des communistes ou marxistes, déclarent qu'ils ne sont pas soutenus par les Juifs, mais persécutés par eux, et qu'ils s'opposent à leur esprit matérialiste. La SDTJ affiche encore une fois sa position anti-juive devant l'État allemand. Dans ce cadre bien fragile, une telle déclaration est une preuve claire du compromis de la SDTJ et un discours antisémite qui encourage le gouvernement à haïr davantage les Juifs.

6) La SDTJ va encore plus loin dans son compromis lorsqu'elle déclare que :

Si tout cela n'est pas une tentative de compromission ou un bafouement de la neutralité chrétienne, qu'est-ce que cela peut signifier d'autre ?
On peut difficilement dire que cela constitue une déclaration courageuse contre le gouvernement nazi. Guy Cononici, le président de la Fédération française des TDJ et l'auteur du livre Les Témoins de Jéhovah face à Hitler, dit aussi que « les auteurs usent d'un ton conciliant » et que « des assistants à la réunion de Wilmersdorf manifestent quelque mécontentement, estimant que la "Déclaration" manque de fermeté. Il semble qu'on va même jusqu'à accuser Paul Balzereit, directeur du bureau, d'avoir atténué certains passages » (pp. 123-124).

Effectivement, dans l'Annuaire 1974, la SDTJ accuse Paul Balzereit dans le seul but de garder son image d'intégrité à l'encontre du nazisme. Mais une comparaison des versions allemande et anglaise du texte (Annuaire 1934) montre qu'il n'y a aucun affaiblissement du texte par Balzereit. La SDTJ admet finalement cela, mais prétend que certaines phrases ont été mal comprises. Même l'historienne Christine E. King, dont la SDTJ cite les éloges, évoque ceci au sujet de la Déclaration :

D'ailleurs, le gouvernement d'Hitler n'a pas pris au sérieux cette lettre et a continué de durcir davantage sa position contre les Témoins de Jéhovah. Étant donné que leur initiative de compromis est refusée, il n'y a plus d'autre alternative pour les TDJ que de résister au régime hitlérien pour leur survie. Ici, le nœud du problème de la SDTJ est leur tentative de compromis avec les nazis avant de leur résister.

Après cela commence une période de persécution contre tout ce qui s'oppose à l'idéologie hitlérienne. De même, le service militaire devient obligatoire en 1938, et la condamnation à mort commence aussi. Les objecteurs de conscience protestants et catholiques, en dépit de leur petit nombre, sont condamnés à mort avec les Témoins de Jéhovah. Entre 1933 et 1945, en Allemagne, et dans les différents pays d'Europe, 2 500 Témoins de Jéhovah sont exécutés. 10 000 sont envoyés dans les camps de concentration nazis. Beaucoup de Témoins de Jéhovah sont renvoyés de leur travail, chassés de l'école. Certains enfants sont retirés de force à leurs parents. Même si de nombreux Témoins de Jéhovah renient leurs convictions face à la persécution, beaucoup résistent courageusement.

La SDTJ, en camouflant sa tentative de compromission, utilise le courage et la fermeté de certains Témoins de Jéhovah pour faire sa publicité. Les Témoins de Jéhovah réussissent bien à se faire accepter dans les médias et au sein du public comme des chrétiens qui souffrirent pour leur foi. Plusieurs observateurs et journalistes remarquent qu'effectivement, en toutes occasions, les Témoins de Jéhovah cherchent à donner cette image au public : ils sont des martyrs ou des victimes innocentes pour la justice. D'ailleurs, il y a même des personnes qui deviennent Témoins de Jéhovah uniquement pour cette raison. Mais les faits historiques nous montrent que cette image que la SDTJ a créée dans l'esprit de beaucoup d'individus est tout simplement déformée : c'est une demi-réalité.

Il ne faut pas oublier que, contrairement à ce que la SDTJ tente de faire croire, les Témoins de Jéhovah ne furent pas les seuls à subir la persécution à cause de leur croyance chrétienne. À cette époque, beaucoup de personnes, pour différentes raisons politiques, humanistes ou religieuses, ont résisté et combattu ce régime inhumain. Il est vrai que la majorité des églises protestantes allemandes, en s'appuyant sur Romains 13, soutiennent à tort le même régime hitlérien. Mais beaucoup de chrétiens évangéliques ou protestants d'Europe refusent de se soumettre au régime d'Hitler et sont emmenés dans les camps de concentration. Dans les camps, beaucoup de pasteurs sont arrêtés à cause de leur résistance. Il ne faut pas oublier qu'Adolf Hitler n'est pas seulement l'ennemi des Juifs et des Témoins de Jéhovah, mais aussi l'ennemi des protestants et des catholiques.

Son but est de supprimer le christianisme et de créer un système gouvernemental religieux qui glorifierait la race aryenne. Tout au début de son règne, Hitler veut unifier toutes les églises protestantes et évangéliques d'Allemagne, sous la surveillance d'un responsable religieux qui serait, lui aussi, sous son contrôle. Mais lorsque les pasteurs refusent ce projet, Hitler ne peut pas réaliser son plan. On connaît très bien le pasteur Dietrich Bonhoeffer, qui a résisté au régime, puis est devenu le prisonnier spécial d'Hitler. En effet, même si leur efficacité est limitée, ce sont surtout les églises confessantes (Bekennenden Kirchen) qui ont démasqué le régime hitlérien et ont fait connaître au monde ses actes horribles. Il faut aussi mentionner « la déclaration de Barmen », signée par des responsables évangéliques en 1937, où ils protestent contre la dictature nazie ainsi que contre le silence des églises face aux atrocités de ce gouvernement.

Les Témoins de Jéhovah résistent, car le gouvernement interdit leurs activités. La SDTJ proteste et fait connaître essentiellement au public la persécution de ses membres. La SDTJ ne parle pas tellement des persécutions des Juifs, des Tziganes et d'autres ethnies. Rutherford, dans une lettre adressée à Hitler, le menace et dit :

La croyance en la fin du monde imminente et l'interprétation à propos des autorités de Romains 13:1-7 influencent beaucoup le comportement des Témoins de Jéhovah face à ce régime nazi. Ils croyaient que la Deuxième Guerre mondiale aboutirait à Harmaguédon et que les autorités de Romains 13 représentent non des gouvernements terrestres, mais Jéhovah et Jésus-Christ. Convaincus que la fin est toute proche et que tous les gouvernements terrestres sont des agents du diable depuis 1914, il ne faut pas plier, mais résister. En tant qu'armée de Jéhovah, il faut rester fidèle à la théocratie divine et au gouvernement de Jéhovah pour hériter du Royaume de Dieu.

La promesse de Rutherford

Rutherford promit, dans un congrès tenu en Allemagne, que la classe de Jonadab (voir 2 R 10 et Jr 35) serait protégée spécialement par le Seigneur dans cette période de trouble. En effet, pour les Témoins de Jéhovah de l'époque, la classe de Jonadab constitue la grande foule qui a l'espérance de vivre sur terre. À ce moment-là, ceux qui en font partie ne peuvent pas être baptisés et s'appeler Témoins de Jéhovah. Comme ils ont la promesse divine de traverser Harmaguédon sans passer par la mort, logiquement, ils doivent être protégés spécialement par Dieu durant cette grande tribulation. Quelques Étudiants de la Bible, qui croient faire partie de cette classe, en s'appuyant sur la promesse de Rutherford, refusent même de se réfugier en lieu sûr pour lire leur verset journalier, pensant que Dieu arrêterait même les balles pour les protéger. Lorsqu'ils sont tués par les bombes, les autres Étudiants de la Bible sont déçus de ne pas avoir été protégés par Dieu, selon la promesse de Rutherford. William Cetnar, un ex-Témoin de Jéhovah, qui travaillait depuis longtemps au bureau central (à Brooklyn) de la SDTJ, déclare qu'il a été informé à ce sujet par Konrad Franke, le responsable de la filiale de la SDTJ en Allemagne, et qu'il possède aussi un document confirmant le fait ci-dessus (Rescapés de la Tour, pp. 20-21).

Service militaire et service alternatif

En ce qui concerne l'accomplissement du service militaire, on trouve dans la Bible des thèses pour ou contre. C'est pourquoi, sans être dogmatique, chacun doit prendre une position personnelle devant Dieu. Ce que nous pouvons critiquer chez les Témoins de Jéhovah à ce sujet, c'est leur prétention d'avoir toujours gardé leur neutralité et de présenter cela comme une preuve de l'authenticité de leur organisation. Dans ce cas, il faudrait déclarer Abraham, Moïse, David, Salomon, Daniel, etc., appartenant à l'organisation de Satan, car ceux-ci étaient des hommes politiques et militaires !
L'effort des TDJ dans ce domaine est louable, mais il faut souligner que, d'après certains faits historiques, ce ne fut pas toujours le cas. Par exemple, on sait que, selon la Tour de Garde 1915, pages 110-111, les premiers Témoins de Jéhovah accomplissent leur service militaire et sont au front pendant la Première Guerre mondiale. On sait aussi que Russell, le fondateur de l'organisation, approuve l'accomplissement du service militaire, à la condition qu'on ne tue personne (WT, 19/11/1903, p. 3110). La SDTJ prétend, pendant de longues années, que les Témoins de Jéhovah ont gardé leur neutralité pendant la Première Guerre mondiale (voir Les Témoins de Jéhovah dans les desseins divins, p. 55). Mais finalement, dans le livre Les Témoins de Jéhovah, Prédicateurs du Royaume, la SDTJ admet qu'ils n'ont pas gardé tout à fait leur neutralité chrétienne (voir pp. 191-192).

En ce qui concerne la Deuxième Guerre mondiale, la position de la filiale suisse de la SDTJ n'est pas du tout dans la ligne de leur revendication. Voici ce que les Témoins de Jéhovah déclarent concernant l'accomplissement du service militaire, dans Consolation (ancien nom de Réveillez-vous !), au 1er octobre 1943, à la page 505, par sa filiale suisse :

Cette déclaration valide-t-elle la prétendue neutralité de la SDTJ ?

Le service alternatif

La SDTJ refuse pendant longtemps non seulement l'accomplissement du service militaire, mais aussi le service civil qui remplace le service militaire (TG, 01/11/1990 ; TG, 02/03/1975, p. 23). Elle enseigne explicitement qu'accomplir le service civil revient au même que le service militaire. Si un Témoin de Jéhovah accepte de le faire, il est considéré par la SDTJ comme quelqu'un qui fait un compromis avec le monde. Une telle personne perd son intégrité envers Dieu et, même, devient indirectement coupable de verser du sang. De plus, elle est considérée comme s'étant volontairement retirée de l'organisation et est traitée comme une exclue.

C'est pourquoi beaucoup de jeunes Témoins de Jéhovah, malgré les risques encourus, ont refusé d'accomplir le service alternatif. Des milliers d'entre eux ont été emprisonnés et ont perdu des années précieuses de leur vie. Ils ont été coupés de leur famille, de leurs amis, et n'ont pas pu subvenir aux besoins de leurs familles. Le livre de Raymond Franz confirme que beaucoup de jeunes témoins suivent en effet cette règle par principe, pour rester loyaux envers l'organisation sans être convaincus de son bien-fondé biblique. Depuis une vingtaine d'années, plusieurs filiales de la SDTJ (Belgique, Espagne, Canada) demandent un changement concernant la position adoptée, mais cela leur est refusé.

Finalement, en 1996, « l'esclave fidèle et avisé » décide de changer sa position concernant le service civil, sans exprimer le moindre regret au sujet des dégâts innombrables spirituels et physiques qu'il a causés chez beaucoup de jeunes. À partir de 1996, la SDTJ permet à ses adeptes d'accomplir le service civil, alors que pendant des années les jeunes Témoins de Jéhovah ont souffert pour rien et ont passé leurs années précieuses en prison inutilement. Est-ce là la neutralité chrétienne ? Est-ce vraiment cela, se garder pur politiquement ?

Le vote

Les Témoins de Jéhovah ont enseigné pendant de longues années qu'ils ne participent pas à la politique et qu'ils ne votent pas parce qu'ils considèrent le Royaume de Dieu et du Christ comme le seul espoir de l'humanité et qu'ils ne font pas partie de ce monde, selon Jean 17:14 (voir TG, 01/12/1970, p. 734). Ils ne participent pas à la politique et ne votent pas pour élire un candidat ou un régime quelconque, étant donné que leur chef est Jéhovah Dieu. Celui qui vote ou participe à une élection est considéré comme quelqu'un qui fait un compromis avec le monde. De ce fait, les Témoins de Jéhovah ont beaucoup souffert dans plusieurs pays. La Tour de Garde du 1er décembre 1970 raconte comment des Témoins de Jéhovah camerounais sont battus, emprisonnés, torturés sauvagement et subissent de durs travaux à cause de leur refus de participer à des élections politiques (pp. 730-736). Mais trente ans après, la SDTJ change sa position et indique qu'il revient à chaque Témoin de Jéhovah de prendre une décision personnelle pour ce qui est de voter ou non lors d'élections politiques (TG, édition Québec, 01/11/1999, pp. 28-29). Dans ce cas, pourquoi tant de Camerounais et d'autres Témoins de Jéhovah ont-ils dû souffrir ? La position de la SDTJ manifeste-t-elle vraiment la neutralité chrétienne ?

L'affaire du Mexique

Concernant la neutralité, il faut souligner un autre fait que la SDTJ essaie de cacher à ses adeptes et au public, et qui est relaté par Raymond Franz dans son livre Crise de conscience. Pour pouvoir conserver ses biens matériels au Mexique, la SDTJ est enregistrée depuis 1943 auprès du gouvernement mexicain comme association civile au lieu du statut religieux. Ainsi, pendant 45 ans, la SDTJ supprime délibérément la prière, les cantiques et l'usage de la Bible aux réunions, et dans la prédication de porte à porte. Selon ce statut civil, les Témoins de Jéhovah n'appellent pas leurs assemblées « congrégations », mais « compagnies », et les lieux de réunion « salles d'étude culturelle ». L'acte du baptême s'appelle « accomplissement du symbole » ! Ces mesures sont prises non par un régime totalitaire ou par le gouvernement mexicain, mais par les dirigeants de la SDTJ à Brooklyn, uniquement pour garder la propriété de ses biens dans le pays. Quel contraste avec l'attitude des vrais chrétiens ! Le prophète Daniel, lorsqu'il apprend l'interdiction royale de prier pendant 30 jours, choisit de violer le décret, au risque de perdre sa position, ses biens et même sa vie (voir Daniel 6:1-11).

La Tour de Garde du 1er janvier 1990 annonce enfin le changement de statut de l'organisation en un statut religieux. L'article dit que, « pour la première fois », les Témoins de Jéhovah du Mexique peuvent utiliser la Bible en faisant du porte à porte et commencer leurs réunions par la prière. Cette annonce, qui fait verser « des larmes de joie » aux témoins mexicains, ne précise pas délibérément pourquoi la SDTJ n'a pas fait ce changement jusqu'alors. En effet, ce n'est pas le gouvernement mexicain qui empêche les Témoins de Jéhovah de prier ou d'utiliser la Bible, mais le siège mondial de la SDTJ qui fait ce choix afin de garder ses biens dans le pays. Quelle hypocrisie ! Quel exemple de la pureté de la SDTJ !

La SDTJ et l'ONU

On connaît aussi l'attitude hostile de la SDTJ envers les Nations unies. Elle présente cette organisation, dans ses publications, comme « la bête sauvage de couleur écarlate de l'Apocalypse », « une chose répugnante du point de vue de Dieu et de son peuple », et « c'est l'œuvre de Satan et une abomination aux yeux de Dieu ». La SDTJ accuse aussi constamment les églises de la chrétienté de soutenir et de collaborer avec les Nations unies. Elle profère la menace divine sur l'ONU et sur les églises qui la soutiennent.

Mais le journal The Guardian, daté du 8 octobre 2001, révèle publiquement une nouvelle étonnante et choquante : la Société des Témoins de Jéhovah collabore en effet avec l'ONU depuis 1992, en tant qu'ONG (organisation non gouvernementale).

Lorsque cela devient connu du public, la SDTJ résilie tout de suite sa liaison secrète avec l'ONU, en octobre 2001.

Donc, si la SDTJ a accepté de s'associer comme ONG, cela signifie qu'elle a consenti à soutenir et respecter les chartes et les critères de l'ONU. Car, comme cela est indiqué dans les statuts, en tant qu'ONG, elle doit soutenir et partager les idéaux de l'ONU, et les présenter autour d'elle d'une manière positive. Dans ces conditions, comment la SDTJ, qui critique avec virulence l'ONU, peut-elle collaborer avec elle en tant qu'ONG ? Comment pouvait-elle accepter et soutenir les idéaux de l'ONU qui sont tout à fait contraires à ses enseignements ? N'est-ce pas une attitude d'hypocrisie de la part de la SDTJ ?

L'affiliation à l'ONU, par le truchement du Département de l'information publique (DPI), faisait de la SDTJ une ONG. Cela ne rapportait pas d'aide financière, mais conférait un statut de respectabilité à la SDTJ auprès des gouvernements sceptiques. Cela accréditait les activités humanitaires de la SDTJ dans plusieurs pays du monde où les Témoins de Jéhovah sont désappréciés. Donc, pendant environ dix ans, la SDTJ a collaboré avec l'ONU et a fait un réel compromis avec elle. Ainsi, elle a été dans un état d'adultère spirituel avec l'ONU, qui est considérée par la SDTJ comme une « contrefaçon blasphématoire du Royaume messianique de Dieu » (La Révélation, le dénouement, p. 248). Quelle que soit la raison évoquée, l'attitude de la SDTJ révèle une hypocrisie évidente et une contradiction totale entre ce qu'elle proscrit et ce qu'elle a fait avec l'ONU. Est-ce garder sa neutralité ? On sait aussi que ces dernières années, la SDTJ a pris part à des réunions organisées de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), qui, selon elle, fait partie intégrante de la « bête » politique.

Une organisation neutre ?

Pour gagner la sympathie et la confiance des gens de bonne volonté, la SDTJ se présente à toute occasion comme une organisation neutre. Elle affirme que, dans toutes les querelles nationales, les Témoins de Jéhovah gardent une complète neutralité et ne prennent position ni pour, ni contre une nation, un parti ou une tendance. Pourtant, lorsqu'on étudie leurs publications, ils ne sont pas du tout neutres. Par exemple, ils prennent clairement position contre le communisme, contre les Nations unies, contre certaines institutions politiques ou religieuses, les qualifiant de diaboliques et faisant partie de la Grande Babylone. Cela convient-il vraiment à la définition de la neutralité ? On voit même des Témoins de Jéhovah organiser des manifestations devant les autorités lorsque leurs droits sont bafoués ou lorsqu'ils sont accusés. Le 1er octobre 2008, entre 600 et 1 000 Témoins de Jéhovah ont manifesté devant la préfecture des Vosges pour protester contre les allégations de pédophilie portées à leur encontre et contre la décision de la commune de Deyviller de construire une salle du Royaume.

Les TDJ sont également prêts à poursuivre en justice leurs contestataires pour diffamation. C'est leur droit, mais ainsi il devient clair que les TDJ commencent curieusement à changer et à ressembler aux autres mouvements mondains et religieux.

Une organisation pure et unie ?

Les TDJ se présentent en toutes occasions comme unis et purs. Parmi eux régnerait un état paradisiaque : l'unité, l'amour fraternel ; tandis que, dans d'autres églises : la division, l'immoralité, le mensonge, l'hypocrisie. Ils affirment être « la seule organisation pure que même le diable ne peut séduire ». En insistant sur leur singularité, ils se mettent au-dessus des autres églises (comme le Pharisien de Luc 18:8-14). Ils relatent de multiples témoignages pour montrer qu'ils sont différents des autres par leur conduite et leur moralité élevée (voir Matthieu 6:1-6). Ils sont vraiment des spécialistes pour juger les pratiques des autres et, en même temps, en faire leur publicité. Mais la réalité est toute autre. On sait que, durant leur histoire, il y a eu plus d'une vingtaine de divisions. Et leur unité n'est pas basée sur la Bible, sur l'amour et sur l'action du Saint-Esprit, mais elle est organisationnelle, forcée et sectaire. Elle est érigée sur une base totalement fausse, à savoir l'origine divine de « l'esclave fidèle et avisé ». Les TDJ ne sont pas différents des membres des autres églises : on voit les mêmes erreurs et immoralités chez eux. De plus en plus, nous entendons des témoignages qui attestent cela. Surtout ces dernières années, les abus d'enfants et la pédophilie ont montré que les prétentions de la SDTJ sont loin d'être vraies. Même la SDTJ parle de pratiques choquantes au sein de l'organisation :

Afin de se justifier, les TDJ diront qu'ils excluent ceux qui commettent ce genre d'immoralité. Ainsi, ils donnent l'impression que les autres ne le font pas, qu'ils les gardent ou approuvent. Quelle déformation et quelle manipulation !